Tout commence à Croissy-Sur-Seine, petite ville fleurie des bords de Seine.
11000 habitants, de belles maisons à « l'ancienne », du calme, et du soleil . . . que demander de plus?
La maison qui nous intéresse est en vielles pierres rouges.
Grande, elle contient cinq chambres, deux salles de bains, une cuisine, . . . . mais, pourquoi je vous fais la visite guidée? . . . . . Aucun intérêt.
Allons plutôt au premier étage, dans une chambre aux murs turquoise et argenté.
Un bureau en bois, deux bibliothèques couleur argent, des placards à même le mur, bref, pas de quoi paniquer, cette chambre est tout ce qu'il y a de plus normale. Le seul élément qui peut détonner est l'étrange renfoncement présent dans l'un des murs.
Cachée par un transparent rideau blanc, seule la vision d'une vague silhouette nous est permise.
Pourtant, au-delà de ce mur improvisé, c'est une jeune fille, endormie, qui nous attend.
Etendue lascivement sans un lit aux draps argent, les yeux fermés, la tête légèrement tournée sur un côté et un bras reposant dans le vide, son sommeil semble merveilleux et éternel.
Malheureusement pour la jeune nymphe, rien n'est jamais éternel: le réveil indique désormais 9h30 du matin, nous sommes le 6 juillet 2009 et mon histoire commence!
Les rayons du soleil traversent, indifférents à l'obstacle, les vitres de la fenêtre pour venir ricocher sur le visage de la jeune inconnue. Cassant le mythe de la pure et délicate nymphe, elle ouvre les yeux sur le monde tout en ruminant des paroles pour le moins . . . intraductibles à l'encontre de son malheureux réveil.
Une nouvelle journée prend place, dans la joie et la bonne humeur . . . . vous avez noté l'ironie n'est-ce pas?
Journée banale me direz-vous!
Et pourtant vous êtes loin du compte mes amis.
Aujourd'hui, et ce depuis une heure, Mademoiselle a 16ans.
Oh, ce n'est certes pas un âge significatif dans la vie d'un homme, ou une jeune femme dans notre cas, mais bon, cette journée marque aussi son départ en vacances: dans une heure elle sera en route pour l'Espagne.
Doucement elle s'étire puis sort de sont lit avec grâc . . . ah bah non!
Désolée, je reprend: Doucement, elle s'étire puis sort de son lit. Enfin, essaye de sortir de son lit. Malheureusement pour elle, ses pieds n'ont pas l'air du même avis. Résultat, elle se retrouve la tête la première par terre tandis que le bas de son corps, lui, reste bien au chaud sous les draps douillets. Sa bouche, quand à elle, est en parfaite communion avec sa tête et débite, à un rythme presque inhumain, un chapelet de jurons à faire rougir un bagnard.
Oui, pour la grâce, on repassera!
Une fois le problème réglé, et après avoir copieusement insulté ses pieds, elle se dirige vers la salle de bain . . . . comment ça pour quoi faire? Mais j'en sais rien moi, sûrement pour s'habiller, qu'est-ce que vous voulez que j'en sache? . . .
AH! qu'est-ce que je vous disais hein?! Elle en ressort propre et habillée.
Un débardeur rouge, une veste noire,un short blanc, une grosse ceinture noire et des sandales noires, c'est parfait pour une tenue légère, j'espère quand même qu'elle aura du soleil.
Des boucles d'oreilles pendantes en étoiles argentées complètent sa tenue tandis que ses cheveux noir mêchés de bleu sont retenus dans une queue de cheval haute, deux mèches colorées tombant devant afin d'encadré son fin visage aux yeux couleur émeraude.
Deuxième étape, vérification de la valise: une dizaine de culottes et autant de soutiens-gorges, six pantalons, trois robes, cinq jupes, une salopette, une quinzaine de hauts, une paire de tennis, deux paires de chaussures à talons et trois paires de chaussures plates, . . . . Je pense que je vais m'arrêter là, après tout, quel intérêt que le contenu de sa valise?
Quoique je me demande bien comment tout cela peut rentrer dans son « petit » sac en bandoulière appellée communément "valise" . . . Les femmes m'étonneront toujours.
Son sac à main sur l'épaule, sa valise dans une main . . . . . aourf, les jambes plient, ça a l'air lourd tout ça . . . . . et c'est parti.
Elle descend les escaliers en chantant l'O . . . . Non, je ne peut décemment pas vous donner le titre, je suis sûre que de chastes yeux liront ce récit.
Alors que tout allait bien, elle s'arrête brusquement en plein milieu de son mouvement: la jambe gauche prenant appuie sur une marche tandis que la droite reste en l'air. . . . allons, bon, à quoi pense t'elle encore? Et si on rentrait dans sa tête? . . . Mah non, ce n'est pas une violation de la vie privée et puis, qui irait cafter? Vous? Ah, me faites pas rire, vous seriez complices . . . Pas d'autres objections? Alors c'est partis Gigi!
J'ai un mauvais pressentiment!!!
J'ai oublié quelque chose?
La voiture est en panne?
L'aéroport est en grève?
On va avoir un accident de voiture?
L'avion va s'écraser dans l'océan?
Rha!!!!! Stupide imagination, je vais stresser pour rien maintenant ....
Mais bon, d'un autre côté, c'est jamais bon pour moi un sentiment pareil ....
Courage ma vieille, positive.
Ouais, positive Raoul et ouvre cette porte! Et bah, c'est pas trop tôt!! Enfin de l'air frais. Ah! que j'aime la senteur de la forêt!!! . . . . . . . arrêt sur image, on revient en arrière:
« Tout commence à Croissy-Sur-Seine, petite ville fleurie des bords de Seine.
11000 habitants, de belles maisons à « l'ancienne », du calme, et du soleil . . . que demander de plus?
La maison qui nous intéresse est en vieilles pierres rouges. »
J'ai jamais parlé d'une forêt!!!
Mais, elle sort d'où alors celle-là? Elle est où la route goudronnée, l'arrêt de bus, les maisons voisines, les voitures . . . et les gens ?
. . . .
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Ah!! J'ai compris!! C'est à partir de maintenant que j'interviens . . . COOL!! Enfin de l'action. Eh eh eh . . . et notre belle amie, elle en pense quoi elle?
Le chemin goudronné habituellement "installé" en face de ma maison a fait place à un chemin de terre battue bordé de part et d'autre part une forêt . . . mais . . . où sont passées les maisons? le trottoir? les plants de fleurs? . . . Une forêt? En plein centre ville? . . . heu, il est où le centre ville soit dit en passant? . . . Je dois être entrain de rêver! Oui, c'est ça, je fais une poussée de délirium aigue . . . HELP!!!!!!
Et bah dites moi, elle ne s'en remet pas la pauvre!
Elle reste là, les bras ballant face à sa découverte, ses sacs en main, les yeux exorbités et . . . houlà, c'te violence!!! J'dois dire, elle viens de se manger le sol, mais d'une force!!!! J'espère que celui qui la poussé a pris une assurance vie parce que là . . . jsuis même pas sûre que ma propre chance aurait pû l'aider.
Et voilà la porte qui se ferme d'un violent claquement et qui disparaît, tout simplement! . . .
COMMENT CA QUI DISPARAIT??? Ah mais non!!! Je veux pas rester coincée avec elle dans cet endroit!!!!
Tiens, et v'là l'autre qui se relève et . . . qui tourne sur elle-même. Pourquoi pas après tout, quitte à être folle, autant l'être à fond. Vous pensez qu'elle finira comme ma copine Jeanne d'Arc?
Elle s'arrete brusquement pour tendre la main vers son sac à main. Elle cherche un plan?
Ah bah non, elle attrape seulement le paquet vert posé bien en évidence sur le dessus.
Mais j'ai jamais parlé de paquet moi, c'est quoi encore cette histoire? Il sort d'où celui-là? Arrêtez de me rajouter des mystères, on va jamais s'en sortir sinon.
Peut-être que Sophy sait ce que c'est après tout . . . comment ça qui est Sophy? Bah, c'est l'héroïne c'te question . . . . Ah bon, je vous avais jamais dit son nom? Ni à quoi elle ressemble? Bon bah elle s'appelle Sophy Philen, elle a 16 ans, mesure 1m65 pour 58kg, les yeux verts ou marrons selon son humeur, ses cheveux noirs parcourus de mèches bleu descendant jusqu'à ses reins sont attachés en queue de cheval et . . . et bah à vous de découvrir, non mais oh!!! Il n'y a que moi qui travaille sinon.
Je disais donc que je me demandais si elle savait d'où venait ce paquet?!
Tiens, un paquet est posé sur ma valise. Sa souplesse me fait penser à des vêtements.
. . . Minute papillon, il faudrait peut-être que je pense avant tout à trouver un moyen de savoir où je suis. Ca pourrait toujours être utile . . .
Bien, alors, en premier lieu, . . . trouver une trace de civilisation . . .
Le "paquet surprise" va dans le sac. Il faut maintenant que tu puises dans tes maigres muscles pour te mettre en route So! La valise à la main, tu vas suivre le chemin de terre battue.
Rah!! Pourquoi j'ai pas pris la valise à roulette? . . . Ah oui, c'est mon frère qui a mis main basse dessus . . . Saleté!
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Trentes minutes . . .
Cela fait seulement trentes minutes que je marche et je n'ai déjà plus d'énergie . . . O Rage! O Désespoir! Mais que vous ai-je donc fait Seigneur pour que vous me punissiez comme cela?! Vous le savez bien pourtant, vous qui êtes omniscient selon les livres, que je n'aime pas le sport. Et puis surtout, je ne suis pas vraiment équipée pour!
Et bah, très sympathique ses pensées.
Soudain, elle lève vivement la tête. Je pense qu'elle vient d'entendre les bruits de pas et de conversation qui se rapprochent.
Réguliers, faibles, ils martèlent doucement le sol, se rapprochant bien vite.
Courageuse mais pas suicidaire, telle est sa devise . . . . si ça se trouve c'est un kidnappeur . . . . un violeur . . . . un assassin . . . . Argh! maudite imagination . . . . je vais tout de même pas m'y mettre aussi!! C'est que son pessimisme déteint fortement sur moi.
Au vu son regard, je dirais que l'idée de se cacher dans les buissons lui paraît bien alléchante.
D'accord, c'est décidé, elle veut jouer à cache-cache . . . . accroupie derrière un buisson . . . Et bah heureusement qu'il y a personne qu'elle connaît parce que je ne vous parle pas de sa réputation après un truc comme ça.
C'est à ce moment que son regard, jusqu'àlors braqué sur le sentier, se tourne vers une petite carte qui dépasse de son sac.
Prenant le reste de son courage à deux mains, elle l' saisie, l'ouvre, et laisse apparaître une simple carte blanche où se distingue une écriture ronde et élégante.
Mademoiselle,
Vous ne me connaissez pas et pourtant je ne puis que vous demander de me faire confiance et de vous vêtir vivement des vêtements en votre possession avant de poursuivre votre chemin (s'il n'est pas encore trop tard).
N'espérez pas rencontrer votre civilisation, elle n'existe pas encore.
J'espère que vous saurez vous acquitter de la lourde tâche qui vous a été confiée,
Je vous souhaite bonne chance et vous remercie de tout coeur.
XXX
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. . . . . . C'est une blague? Je n'ai pas compris ce que j'ai cru avoir compris quand même?
OH MY GOD!!!!!
. . . . . . C'est une blague? Je n'ai pas compris ce que j'ai cru avoir compris quand même?
OH MY GOD!!!!!